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Bilan carbone : Qu’est-ce que le Scope 3 et comment se calcule-t-il ?

Depuis l'Accord de Paris sur le climat, il n'est plus possible pour les entreprises d'éviter la question de la mesure de l'empreinte carbone et du réchauffement climatique. Avant cela, il s'agissait d'une question qui n'était pas centrale, considérée comme opérationnelle, car sans impact sur le bilan financier des entreprises. Il faut dire aussi que la mesure n'était ni facile, ni rédigée en terme de protocole.

Les scopes 1, 2 et 3 dans le bilan carbone aujourd'hui

Depuis l'Accord de Paris sur le climat, il n'est plus possible pour les entreprises d'éviter la question de la mesure de l'empreinte carbone et du réchauffement climatique. Avant cela, il s'agissait d'une question qui n'était pas centrale, considérée comme opérationnelle, car sans impact sur le bilan financier des entreprises. Il faut dire aussi que la mesure n'était ni facile, ni rédigée en terme de protocole. Mais tout cela a changé avec la mise en place du GHG Protocol (Greenhouse Gas Protocol), un protocole concernant la mesure des gaz à effet de serre, lancé en 2001 par le WBSDC (World Business Council for Sustainable Development) et le WRI (World Ressources Institute), qui inclut la mesure des 6 principaux gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique. Plusieurs acteurs internationaux (gouvernements, ONG, etc.) se sont mobilisés pour sa mise en place. Aujourd'hui, la vertu des entreprises entre aussi en compte dans la mesure de la performance économique ! Afin d'atteindre une performance globale et durable, il s'agit par conséquent d'un indicateur clé de frugalité.

Le bilan carbone s'envisage sur le plan international. Il existe différents outils de mesure et certains ne sont pas obligatoires. Cela dit, la meilleure stratégie de long terme consiste à évaluer des indicateurs selon une approche globale du bilan carbone, une approche qui tient compte des émissions indirectes et indirectes, des externalités directes positives et négatives, de l'impact non seulement environnemental, mais aussi social, en amont et en aval. Le dernier rapport du GIECnous démontrons que la situation actuelle correspond au scénario d'augmentation des émissions de +3,2°C au-dessus du niveau de 1990. Alors même que les objectifs initiaux du Protocole de Kyoto étaient de ne pas dépasser les 1,5° et qu'il s'agissait de l'objectif fixé par l'Accord de Paris. Le dernier rapport de février 2022 dresse un constat d'échec par rapport à notre capacité de mise en œuvre d'une action collective efficace au niveau mondial pour éviter une augmentation de plus de 1,5° d'ici la moitié du siècle. Tout retard dans la mise en œuvre d'une action concertée, globale et anticipée en faveur de l'adaptation nous fera évaluer la courte fenêtre d'opportunité qu'il nous reste de garantir un avenir durable pour tous. Il s'

Pour preuve, les entreprises du CAC 40 sont confrontées à l’urgence climatique ont décidé d’employer différentes approches pour adresser cet enjeu stratégique clé. On peut retrouver la liste de leurs engagements ici.

Cela signifie que le bilan carbone est devenu désormais un levier stratégique de pérennité financière et de performance globale des entreprises.

Quel est le rôle du scope 3 dans le bilan carbone ?

Contrairement à certaines idées reçues, la mesure du scope 3 ne se résume pas à remplacer un Data Center par l’utilisation d’un Data Center green ou encore à prendre en compte les déplacements professionnels de vos employés.

A quoi correspond la mesure du scope 1, 2 et trois ? Pour répondre à cette question, prenons l’exemple simple d’une boulangerie.

L'équipe de la boulangerie "corbeille à pain" cherche à faire le bilan carbone de sa fameuse baguette traditionnelle.

  • Première étape : nos émissions directes, celle que l'on fait en cuisant notre pain avec un four à gaz. Ce sont les émissions de scope 1
  • Deuxième étape : nos émissions indirectes liées à l'énergie électrique (pour chauffer le magasin, ou garder au frais nos fameuses baguettes). Cette énergie électrique, il faut bien la produire à partir d'une énergie dite "primaire" (pétrole, charbon, gaz, nucléaire, renouvelable). Ce sont les émissions de scope 2.
  • Troisième et dernière étape, celle qui représente la part la plus importante des émissions carbone : nos émissions indirectes liées à notre activité : les émissions liées au transport de notre farine, de nos dépôts de pain, les déplacement professionnels de nos employés, mais aussi la gestion des déchets (et oui on a beau faire du pain de la veille, on perd aussi un peu de pain tous les jours). Ce sont les émissions de scope 3

Pourquoi le Scope 3 importe-t-il tant à la mesure d’impact? A quelles catégories du GHG protocol correspond-t-il ?

Pour l’instant, la loi n’oblige pas à intégrer le scope 3, qui est apparu en 2011. Pourtant, il s’agit du meilleur moyen d’avoir un impact positif pour les entreprises, afin d’être carboneutre. On pourrait dire que l'une des principales difficultés pour les entreprises est d'évaluer l'impact carbone sur toute la chaîne de valeur.

C’est simple : le scope 3 tient compte des émissions carbone en amont et en aval du processus. Comment mesurer son empreinte sur ces 15 catégories afin de valoriser son impact positif ? Le Scope 3 mesure les émissions dites indirectes, sur toute la chaîne de valeur. Il s’agit de la part la plus importante d’émissions de GES de l’activité d’une entreprise. Cependant, il s’agit aussi d’une catégorie de calcul des émissions qui peut être un peu plus laborieuse à évaluer, notamment sur la partie numérique.

infographie scope 1 2 3

Quel outil pour évaluer son bilan carbone numérique ?

Il existe des outils d’évaluation automatisés de l’impact environnemental et social des applications numériques des entreprises qui permet aux entreprises d'évaluer le Scope 3 sur l'usage des applications numériques.

Fruggr le fait en évaluant le coût énergétique et l’impact environnemental du matériel utilisé par les visiteurs sur les sites et apps. En fonction du temps passé par le visiteur, des pages consultées, du matériel utilisé, de sa localisation, on est capable d'évaluer le coût énergétique de chaque visiteur et ensuite de cumuler le coût énergétique de tous les visiteurs afin que l'entreprise sache combien elle impacte indirectement.

On évalue également l'impact environnemental du matériel : on sait si le visiteur utilise un PC, un smartphone, une tablette, on connait le facteur d'impact moyen de fabrication de chacun, on connait la durée de vie moyenne de chaque type de matériel et on amortit le coût de fabrication au prorata du temps passé par le visiteur sur le site.

En se basant sur des critères établis par plusieurs référentiels d’écoconception, tels que le RGESN ou encore le Bilan Carbone (ADEME 2004) , il devient possible de mesurer et de valoriser l’impact positif en allant un peu plus loin que la seule mesure du bilan carbone, car en plus, Fruggr mesure l’empreinte sociale et l’accessibilité. Du temps bien investi qui permet s’inscrire concrètement dans une démarche de numérique responsable pour effectuer un virage numérique inclusif à impact positif.